À Louis Le Poittevin
Mon cher Louis,
Peux-tu me rendre tout de suite le service suivant. C’est d’aller chez moi ; ma concierge a reçu un mot lui disant de te laisser entrer.
Tu pénétreras dans mon cabinet de travail, tu ouvriras le 2e tiroir de gauche du petit meuble qui est au bout du divan, contre la tapisserie, tu trouveras un titre d’actions des Roches blanches, portant reçu de 3000 francs pour six actions, tu mettras ce reçu sous une grande enveloppe que tu recommanderas, après avoir écrit dessus,
Monsieur Gustave Aroux
47 rue de Lisbonne — Paris
Si ce n’était pas dans ce tiroir-là, cherche dans les voisins, mais je ne dois pas me tromper.
Peux-tu aussi remettre à ma concierge trois ou quatre francs qui lui sont nécessaires pour m’expédier des livres qu’elle a dû recevoir pour moi ?
Pardon du mal que je te donne, mais je ne sais qui je pourrais charger de cette ennuyeuse corvée.
Mille tendresses à ta femme. Je te serre cordialement la main.
Ton