À Victor Havard
Cannes, Villa Mon Plaisir, Boulevard d’Alsace. [Reçue le 24 novembre 1884.] |
Mon cher éditeur et ami,
Avez-vous reçu ma dernière lettre, où je vous demandais des nouvelles d’Yvette et où je vous prévenais que j’avais tiré une traite de 500 francs sur vous au 15 janvier ? Cette traite, jointe à celle de 200 signée chez vous, fait une somme totale de 700.
Je constate dans ce pays le mauvais vouloir des libraires à votre égard.
1° Tout au long de la ligne de Lyon, dans toutes les grandes gares, les exemplaires d’Yvette ont été vendus. Et la maison Hachette n’en a pas envoyé, alors qu’on voit partout les Sœurs Rondoli.
2° À Marseille, les Sœurs Rondoli sont partout en montre, nulle part Yvette. À Nice de même, à Cannes de même, sauf chez Vial. Je parle des librairies de la ville.
À Cannes, la marchande de la gare a vendu le premier jour ses exemplaires d’Yvette et elle m’a paru fort surprise qu’on ne lui en eût pas envoyé d’autres, comme on en avait fait pour Rondoli.
Je viendrai à Paris dans une dizaine de jours, mais pour fort peu de temps.
Je vous serre bien cordialement la main.