À Victor Havard
| Antibes, 26 octobre 1886. |
Mon cher ami,
Je vous écris sur un bout de papier, étant à bord de mon bateau. Je viens de recevoir 1000 francs. Ce qui fait 1500 avec les 500 envoyés l’autre jour. Vous m’avez mis dans un grand embarras et j’ai été obligé d’aller emprunter 500 fr. à Nice pour payer le terme de ma villa qu’on me réclamait.
Ci-joint un mandat de 1000 fr. Tâchez de me les trouver.
Pouvez-vous me rendre tout de suite le petit service suivant ? Faire relier bien vite, demi-reliure à 2 fr. (on peut en avoir de très jolies pour ce prix modeste) La Maison Tellier, Mlle Fifi, Une Vie, Miss Harriet, Bel-Ami, et La Petite Roque, et m’envoyer bien vite ces volumes, en un ou deux paquets, par colis postal.
Je puis compter sur vous, n’est-ce pas ?
Je vous serre bien cordialement la main. Ma santé est toujours dans le même état.
J’attends les 400 fr. qui restent. Gardez les 12 fr., pour payer les reliures
1.
1 Cf. Lumbroso, op. cit. : lettre de V. Havard, du 23 octobre 1886, à laquelle répond ici Maupassant. Havard indique un solde créditeur de 412 fr. et se plaint de l’état général des affaires « absolument mauvaises ».