Publication : Maupassant Guy de, Correspondance, tome III, p. 47, édition établie par Jacques Suffel, Le Cercle du bibliophile, Évreux, 1973, avec notes de l’auteur.
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D’Émile Zola à Guy de Maupassant

Médan, 14 juillet 1888.
Vous m’avez pardonné, n’est-ce pas ? mon cher ami, d’avoir fait du mystère avec vous. Mme Charpentier venait de m’apporter ici l’offre de Lockroy, et cela d’une façon si délicate, que j’avais cédé. Mais, par enfantillage peut-être, je ne voulais pas qu’il existât une acceptation écrite de moi. De là ma réponse ambiguë à votre lettre si aimable.
Oui, mon cher ami, j’ai accepté après de longues réflexions, que j’écrirai sans doute un jour, car je les crois intéressantes pour le petit peuple des lettres, et cette acceptation va plus loin que la croix, elle va à toutes les récompenses, jusqu’à l’Académie ; si l’Académie s’offre jamais à moi, comme la décoration s’est offerte, c’est-à-dire si un groupe d’académiciens veulent voter pour moi et me demandent de poser ma candidature, je la poserai, simplement, en dehors de tout métier de candidat. Je crois cela bon, et cela ne serait d’ailleurs que le résultat logique du premier pas que je viens de faire.
Quand je vous verrai, je veux causer avec vous de ces choses, car je serais très heureux de vous savoir de mon avis.
Merci encore et bien affectueusement à vous.
Émile Zola