Du docteur Huchard
au docteur Meuriot
| Angoulême le 3 juillet 1893 |
Monsieur et très honoré confrère,
Permettez-moi de vous exprimer toute ma gratitude pour la peine que vous voulez bien prendre en me donnant chaque jour des nouvelles.
J’envoie régulièrement vos lettres à Ste Maxime, où elles sont impatiemment attendues, et monsieur de Maupassant me demande de continuer jusqu’à la fin de cette terrible crise.
J’allais essayer d’avoir une très courte permission pour aller à Paris lorsque les nouvelles plus rassurantes de ce matin m’ont engagé à remettre mon départ. En effet, comme il me serait à peu près impossible de m’absenter à deux reprises différentes, je pense qu’il vaut mieux attendre les événements... à tout hasard !
Je suppose que vous avez dû recevoir la visite de madame d’Harnois, qui doit passer deux ou trois jours à Paris, avant d’aller en Normandie. Elle saura mieux que moi ce qu’il y aurait à faire dans le cas où il deviendrait nécessaire de préparer madame de Maupassant... C’est là un gros souci pour nous !
Veuillez agréer, monsieur et très honoré confrère, l’assurance de mes sentiments bien reconnaissants et dévoués.