Guy de Maupassant à Passy(1892-1893)
Après sa tentative de suicide dans la nuit du 1
er au 2 janvier 1892, Guy de Maupassant est interné à Passy dans
la clinique du docteur Blanche, dirigée alors par André Meuriot. À son arrivée, un dossier 1718 est constitué, d’après le numéro de son matricule. Il contient principalement des documents administratifs, des certificats, des avis médicaux, mais aussi la correspondance entre la famille et les médecins ainsi que des coupures de journaux relatives à la clinique et à son prestigieux pensionnaire. Parmi les pièces les plus intéressantes, nous pouvons relever :
- Le certificat de folie de Maupassant (pièce n° 1), ainsi que les demandes de placement de son père (pièce n° 2) et de sa tante (pièce n° 3) qui écrivait pour sa sœur.
- La lettre de Laure de Maupassant visant à interdire toute visite de femme (pièce n° 30). Sur ce sujet, nous pouvons également mentionner la conversation du docteur Meuriot avec François Tassart au cours de laquelle il lui révèle que Maupassant avait autrefois fait jurer à une femme de lui remettre du poison au cas où il serait interné (pièce n° 32).
- Les précautions prises par la famille et les amis pour minimiser la gravité de l’état de santé de Maupassant auprès de la presse (pièce n° 26). Ces précautions s’avèreront pourtant inutiles.
- Les nombreuses lettres de la famille s’inquiétant des rumeurs et se préoccupant de la santé de Guy (par exemple pièce n° 44). Seuls les problèmes de santé de ses père et mère les ont empêchés de rendre visite à leur fils.
- La demande de Me Lavareille, administrateur judiciaire, de vendre des biens de Maupassant et notamment son yacht Bel-Ami (pièce n° 42), pour régler les frais d’internement, preuve que la guérison était considérée comme impossible.
Il est à noter que Laure de Maupassant a été ménagée tout le long de l’internement. À ce dossier on peut ainsi rajouter deux lettres du docteur Blanche (
2 et
25 juin 1893 publiées par J. Bienvenu,
Maupassant inédit) ainsi que le souvenir raconté par R. Pinchon qui déplorait avoir reçu, en revenant de l’enterrement de Guy,
une carte de Laure lui écrivant : « tout espoir n’est pas perdu, et les docteurs ne peuvent encore se prononcer en aucune manière. »
Pour le contexte des lettres et une chronologie détaillée, vous pouvez consulter
le n° 16 d’Histoires littéraires, ainsi que l’ouvrage de Noëlle Benhamou «
Dossier Guy de Maupassant, clinique de Passy 1892-1893 », Éditions Connaissances et savoirs, 2018. Nous tenons à remercier M. Jérôme Honnorat, arrière-arrière-petit-fils du docteur André Meuriot, qui nous a aimablement transmis toutes les images des documents numérisés.
Dossier 1718