Du docteur Huchard
au docteur Meuriot
Monsieur et très honoré confrère,
Je reçois à l’instant votre seconde lettre qui, malheureusement, est bien peu rassurante ; j’ai envoyé la première à monsieur de Maupassant et vais en faire autant de celle-ci, de façon à ce qu’il soit préparé si une catastrophe se produisait. Je crois, du reste, qu’il ne se fait plus aucune illusion depuis longtemps.
Quant à Nice, cela se trouve on ne peut plus mal car madame d’Harnois a dû quitter sa sœur mercredi dernier pour rentrer à Paris. L’isolement de la pauvre mère doit être complet.
Je ne puis, à mon grand regret, m’absenter en ce moment, étant seul et très tenu par un nouveau service d’hôpital. Si cependant l’état du malade devenait tout à fait inquiétant, je tâcherais d’obtenir vingt-quatre ou quarante-huit heures de permission.
Croyez, monsieur et très honoré confrère, à mes sentiments respectueusement dévoués.